Cet article propose de sonder le sentiment complexe de Virginia Woolf éprouvé à l’endroit de sa mère tel que le dévoilent les essais autobiographiques composant le recueil Moments of Being. Entre l’idéalisation et le rejet, le sujet de ces textes semble adopter une posture contradictoire à l’égard du modèle féminin que représente Julia Stephen. Les mémoires révèlent de fait la prise de conscience woolfienne quant aux conditions matérielles d’oppression des femmes de la famille Stephen ainsi qu’à l’affranchissement des conditions discursives de telles oppressions.