Au fil de l’histoire littéraire, comme l’a souligné Genette, certains auteurs ont renoncé à l’objectif de créer une illusion réaliste, allant jusqu’à « mépriser » la vraisemblance. Parmi ces récits, Jacques le Fataliste et Nous trois comptent parmi ceux qui ont le plus audacieusement transgressé les frontières de la narration romanesque. Malgré l’écart temporel qui les sépare, le récit diderotien est devenu un modèle pour les écrivains contemporains. Ces deux œuvres partagent un rapport similaire à l’économie romanesque et échappent à la dichotomie opposant vraisemblance et vérité. Dans cet article, nous chercherons donc à comprendre, d’un point de vue structurel, la manière dont le narrateur gère les informations qu’il fournit afin de construire un univers crédible.