Le présent article cherche à contribuer à la théorisation des relations entre subjectivité et langage à travers une étude de l’usage du terme « discours » dans l’œuvre de deux linguistes : Émile Benveniste et Zellig Harris. Les aspects positifs de l’accent mis par Benveniste sur l’intersubjectivité sont pris en considération, ainsi que les problèmes soulevés par l’incapacité à saisir la division nécessaire du sujet dans le langage. Le travail de Harris fournit des procédures formelles qui analysent le discours indépendamment de toute interprétation subjective. Cependant, en l’absence d’une théorie des institutions ou de l’idéologie, la constitution du corpus à analyser ne trouve aucune justification en dehors d’un empirisme banal. Les possibilités et les difficultés de la tentative de Michel Pêcheux d’élaborer le travail de Harris en relation avec la théorie de l’idéologie d’Althusser occupent la dernière section de l’article.